Angela Merkel plaide pour le dialogue malgré tout chez Vladimir Poutine — Genève Vision, un nouveau point de vue

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Le maître du Kremlin a souligné de son côté que ce rendez-vous n’était pas « juste une visite d’adieu », mais une rencontre « sérieuse » entre deux vétérans de la vie politique européenne.

La chancelière allemande, russophone qui a grandi en RDA, et le président russe, germanophone ayant servi le KGB en Allemagne de l’Est, se sont toujours targués d’avoir établi une vraie relation de travail.

Un an après l’empoisonnement d’Alexeï Navalny

Cette dernière visite officielle d’Angela Merkel en Russie intervenait un an jour pour jour après l’empoisonnement, attribué aux autorités russes, d’Alexeï Navalny. Ce dernier, à qui l’Allemagne avait sauvé la vie, se trouve actuellement en prison en Russie. L’affaire a contribué à tendre les relations entre Berlin et Moscou.

Angela Merkel a profité de l’occasion pour demander à Vladimir Poutine de libérer l’opposant. Mais le président russe a repoussé cette requête, affirmant que sa détention n’avait aucun mobile politique.

Impasse dans le dossier ukrainien

Hormis le cas d’Alexeï Navalny, les deux dirigeants devaient aussi évoquer la situation en Afghanistan, les contentieux autour de l’espionnage, de la répression en Biélorussie et de la guerre en Ukraine.

La chancelière tente aux côtés de la France de négocier avec la Russie une solution au conflit séparatiste prorusse qui déchire l’Est du pays depuis 2014, déclenché dans la foulée de l’annexion russe de la Crimée. Mais le processus est dans l’impasse.

Points de convergence aussi

Mais derrière les sujets qui fâchent, Angela Merkel a aussi des points de convergence avec la Russie de Vladimir Poutine.

Les deux vétérans de la politique ont ainsi imposé au final aux Etats-Unis, à des Européens méfiants et à l’Ukraine le gazoduc sous-marin Nord-Stream 2 qui va accroître l’alimentation en gaz russe de l’Allemagne et de l’Europe pour les décennies à venir.

agences/oang

Nouvelles sanctions du Royaume-Uni et des Etats-Unis

Le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont annoncé vendredi de nouvelles sanctions contre des hauts responsables des services de sécurité russes. En cause, leur rôle présumé dans l’empoisonnement de l’opposant au Kremlin Alexeï Navalny, il y a un an, à bord d’un avion en Sibérie.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a ciblé sept personnes, identifiées comme étant membres des services de sécurité russes (FSB). Ces individus sont frappés par des interdictions de voyager et par le gel de leurs avoirs, des mesures « prises aux côtés de nos alliés américains », a-t-il précisé dans un communiqué.

Troisième vague de sanctions américaines

Le Trésor américain a, lui, indiqué dans un communiqué distinct que neuf hauts responsables et deux laboratoires scientifiques étaient visés au total par cette troisième vague de sanctions américaines.

Le département d’Etat américain a désigné « deux laboratoires scientifiques du ministère russe de la Défense qui se sont engagés dans des activités visant à développer les capacités d’armes chimiques de la Russie », a expliqué le Trésor.

La diplomatie russe a dénoncé dans la soirée ces sanctions « unilatérales illégitimes ».