En Iran, des écolières manifestent et défient la répression — Genève Vision, un nouveau point de vue

0

Des étudiants et étudiantes se sont rassemblés le week-end dernier avant d’être confrontés à la police anti-émeute qui les a coincés dans un parking souterrain de l’université de technologie Sharif de Téhéran avant de les interpeller. Depuis, des écolières ont pris le relais dans tout le pays en adoptant diverses tactiques, notamment en retirant leur voile et en criant des slogans hostiles au régime conservateur.

Une répression qui s’intensifie

Dans une vidéo, des jeunes filles la tête non voilée scandent « Mort au dictateur » (référence au guide suprême Ali Khamenei) lundi dans une école de Karaj, à l’ouest de la capitale Téhéran. Un autre groupe de filles scande « Femme, vie, liberté » en défilant dans une rue. « Ce sont des scènes vraiment extraordinaires. Si ces manifestations doivent aboutir à quelque chose, ce sera grâce aux écolières », a déclaré Esfandyar Batmanghelidj, du site d’information et d’analyse Bourse&Bazaar.

Depuis le début du mouvement de contestation, le régime iranien a intensifié sa répression en arrêtant des partisans notoires du mouvement et en imposant de sévères restrictions à l’accès aux réseaux sociaux. Dans la nuit de mardi à mercredi, le chanteur de pop iranien Shirvin Hajipour, arrêté après que sa chanson en faveur des manifestations est devenue virale, a été remis en liberté sous caution. Dans le même temps, les autorités judiciaires iraniennes ont ouvert une enquête sur la cause du décès d’une adolescente, qui aurait été tuée lors d’une manifestation.

La violente répression des manifestations en Iran a provoqué une vague de condamnations à travers le monde, et des rassemblements de soutien aux femmes iraniennes ont été organisées depuis dans des dizaines de pays. Après l’annonce de sanctions par les Etats-Unis et le Canada, l’Union européenne a annoncé mardi son intention de sanctionner à son tour l’Iran par des « mesures restrictives » pour protester contre « la façon dont les forces de sécurité iraniennes ont réagi aux manifestations ».

L’Iran a accusé à plusieurs reprises des forces extérieures d’attiser les protestations et fait savoir la semaine dernière que neuf ressortissants étrangers (notamment de France, d’Allemagne, d’Italie, de Pologne et des Pays-Bas) avaient été arrêtés.

afp/aps