Le Brexit, une année déjà: „Tout un Monde” dresse le bilan — Genève Vision, un nouveau point de vue

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En 2021, le changement le plus visible a été le retour des douanes. Les marchandises ne peuvent plus passer sans contrôle. Les exportateurs doivent ainsi remplir des déclarations. Les importateurs devront faire de même à partir de 2022.

Les changements

Tout cela rend donc les échanges plus compliqués, plus longs et plus chers. Beaucoup de petites entreprises, qui n’ont pas les ressources nécessaires pour gérer toute cette paperasse, ont arrêté d’exporter vers l’UE.

La baisse est considérable pour l’ensemble du pays. Lors des six premiers mois de cette année, les exportations britanniques vers l’UE ont chuté de près de 20%.

>> Plongée dans la réalité du Brexit à Dublin en Irlande

Brexit ou Covid-19 ?

Covid-19 ou Brexit: comment départager les deux? Il est très difficile de faire la part des choses, ce qui a d’ailleurs bien arrangé le gouvernement, qui – plus d’une fois – a pu « se servir » du Covid-19 comme bouc émissaire.

Baisse des exportations, pénuries ou encore manque de main d’œuvre: le gouvernement a tout mis sur le compte de la crise sanitaire sans mentionner le Brexit comme facteur aggravant. C’est pourtant le cas. Le problème d’approvisionnement en carburant l’automne dernier en est emblématique.

Car le Royaume-Uni est le seul pays en Europe qui a dû fermer ses stations d’essence, qui étaient à sec, en raison d’un manque crucial de chauffeurs routiers.

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L’opinion des Britanniques

Il est difficile de répondre, car ce « divorce » est finalement encore très frais et la pandémie de Covid-19 a actuellement beaucoup plus d’impact dans leur quotidien que le Brexit. Ce n’est pas un sujet qui génère beaucoup de débats.

En termes d’enquêtes d’opinion, il n’y a pas eu d’énormes fluctuations depuis la décision en 2016. Le pays est toujours parfaitement divisé, mais avec désormais une petite marge en faveur d’un retour dans l’UE. Le Brexit n’a donc pas clairement généré une vague d’enthousiasme dans le pays.

Il est important de souligner aussi par rapport au ressenti des Britanniques que ceux-ci n’ont pas encore vraiment expérimenté le Brexit dans leurs voyages à l’étranger, étant donné que les frontières sont restées fermées pendant une grande partie de l’année en raison du Covid-19. C’est un marqueur important qui fait défaut pour l’heure.

Voyager ou déménager à l’étranger

Le Brexit a mis un terme à la libre circulation des personnes et des travailleurs. La fluidité n’est donc plus la même.

Pour les voyages, il n’y a pas de grosses entraves. Les touristes peuvent séjourner trois mois dans un pays de l’UE sans visa (et vice-versa au Royaume-Uni).

En revanche, c’est devenu beaucoup plus compliqué pour les Britanniques de s’installer dans un pays de l’UE – pour y vivre ou travailler – Ils doivent obtenir un permis de séjour ou de travail.

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Idem pour ceux qui désirent immigrer au Royaume-Uni. Ils sont désormais sujets à un système à points très strict, dans lequel la maîtrise de l’anglais, le niveau d’étude et le type d’offre d’emploi comptent.

Tout cela vaut aussi bien pour les ressortissants de l’UE que pour les Suisses. Le Royaume-Uni n’est plus du tout un eldorado en termes d’immigration. Il y a davantage d’Européens qui ont quitté le pays pendant la pandémie que de nouveaux qui sont arrivés. Ce n’était plus arrivé depuis trente ans.

>> Le reportage à Gibraltar, au sud de l’Espagne, où flotte toujours le drapeau britannique.

Catherine Ilic/Emeline Vin/Valérie Demon/vajo