Lula célèbre en Chine le „retour” du Brésil sur la scène internationale — Genève Vision, un nouveau point de vue

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L’avion de la présidence brésilienne s’est posé dans la nuit de mercredi à jeudi à l’aéroport de Shangaï. Le dirigeant de 77 ans a assisté dans la matinée à l’intronisation de l’ex-présidente de gauche brésilienne Dilma Rousseff (2011-2016) à la tête de la banque des Brics, groupe de pays émergents qui réunit le Brésil, la Chine, l’Inde, la Russie et l’Afrique du Sud.

Bom dia no Brasil! Em Xangai, participei da posse de @dilmabr como presidenta do Novo Banco de Desenvolvimento dos Brics e visitei a fábrica da Huawei. O NBD é uma grande iniciativa para um desenvolvimento mais equilibrado do mundo.

📸: @ricardostuckert pic.twitter.com/VhUc4qNLfr

— Lula (@LulaOficial) April 13, 2023

Le Brésil est « de retour » sur la scène internationale, a lancé son président. « L’époque où le Brésil était absent des grandes décisions mondiales est révolue. Nous sommes de retour sur la scène internationale après une absence inexplicable », y a-t-il ajouté.

Volonté d’une « nouvelle géopolitique mondiale »

Lula, icône de la gauche brésilienne, a promis de remettre son pays « au coeur de la nouvelle géopolitique mondiale », après l’isolement sous son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro.

A Shanghai, il a rencontré ensuite le patron du premier constructeur de véhicules électriques BYD. Cette marque, qui est l’une des plus en vue en Chine sur le créneau de l’électrique, envisage d’ouvrir une nouvelle usine dans l’Etat brésilien de Bahia (nord-est), dont le gouverneur Jerônimo Rodrigues est lui-même depuis quelques jours en Chine. Le groupe chinois fabrique déjà au Brésil des bus et des voitures électriques pour le marché latino-américain.

Le président brésilien a ensuite visité un centre de recherche du géant de la high-tech Huawei.

L’Ukraine au coeur des discussions à Pékin

Lors de sa rencontre avec son homologue Xi Jinping vendredi à Pékin, il doit aborder notamment le conflit en Ukraine. Les deux pays ont en commun le fait de ne pas avoir imposé de sanctions à la Russie.

Lula espère jouer à nouveau le rôle de médiateur qui avait contribué aux accords nucléaires entre l’Iran et les Etats-Unis lors de son deuxième mandat (2007-2010). La Chine, elle, est sous une pression internationale croissante pour peser sur Moscou et l’amener à la table des négociations.

Il s’agit de la quatrième visite officielle en Chine pour Lula, qui a débuté en janvier son troisième mandat, après un premier passage à la présidence de 2003 à 2010.

« Nous allons renforcer notre relation avec la Chine », a déclaré le dirigeant brésilien lundi soir avant de s’envoler pour la Chine. « Je vais inviter Xi Jinping à venir au Brésil pour une réunion bilatérale, pour lui faire découvrir le pays et lui montrer des projets pour lesquels des investissements chinois nous intéressent », a-t-il ajouté.

Marché économique important pour la Chine

Le Brésil est un marché important pour Huawei, qui y a trouvé une échappatoire après l’interdiction faite aux entreprises américaines de faire des affaires avec lui. La Chine est par ailleurs le principal marché d’exportation du Brésil, à qui il achète chaque année plusieurs milliards de dollars de soja, de boeuf et de minerai de fer.

La visite de Lula aurait dû avoir lieu du 25 au 31 mars, mais les médecins lui ont recommandé de la reporter en raison d’une « pneumonie légère » dont il est à présent guéri.

Avant de retourner à Brasilia, Lula se rendra samedi aux Emirats Arabes Unis, pour une visite officielle d’une journée.

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afp/oang