„Nous vivons aujourd'hui ce que nous envisagions depuis 50 ans” — Genève Vision, un nouveau point de vue

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Pour le scientifique, le fait que le GIEC ne se soit pas trompé doit nous inviter à prendre très au sérieux ses prévisions pour les années à venir.

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Plus d’événements extrêmes dans le futur

« La perception du réchauffement climatique ne se fait pas à travers la température moyenne mais à travers les événements extrêmes », rappelle Jean Jouzel. Dans nos régions, on s’expose à des pics de chaleurs plus intenses et plus fréquents. Ces événements seront accompagnés de sécheresses. Les pluies torrentielles, comme celles survenues en Belgique et en Allemagne l’été passé, seront également plus habituelles.

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La menace des « bombes carbones »

Les « bombes carbones » sont des exploitations pétrolières ou minières en activité ou en passe de le devenir. Selon une étude récente, plus de 400 « bombes carbones » seraient prêtes à être dégoupillées. Jean Jouzel explique que si les investissements actuellement engagés dans les énergies fossiles, dont une grosse partie sont des subventions, sont maintenus, nous irions vers des réchauffements très importants.

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Pour l’ancien vice-président du GIEC, la raison de l’incohérence entre l’urgence climatique et ces investissements est claire: c’est l’appât du gain. « L’économie a toujours pris le pas sur l’écologie », déplore-t-il.

Jean Jouzel

Le scientifique observe pourtant que ce message n’est pas audible du côté des exploitants.

L’importance de s’adapter

Une part du changement climatique est déjà irrémédiable. Dans nos régions, on peut s’attendre à un réchauffement d’un degré d’ici 2050. La hausse des températures est particulièrement marquée dans les régions montagneuses.

Pour Jean Jouzel, « l’adaptation doit donc aller de paire avec la lutte contre le réchauffement ». Le but de l’accord de Paris est de prendre des mesures pour que les jeunes d’aujourd’hui puissent s’adapter au climat de la deuxième partie de ce siècle.

Le scientifique rappelle que la flore et la faune souffrent aussi du réchauffement. La végétation, par exemple, ne peut s’adapter que si la montée des températures est lente.

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Propos recueillis par Blandine Levite
Adaptation web: Juliette Jeannet