Plus que quelques heures d'oxygène pour les passagers du sous-marin Titan — Genève Vision, un nouveau point de vue

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Mais le temps presse. Si le submersible n’est effectivement pas perdu quelque part en surface, ses réserves d’air respirable devraient s’épuiser jeudi.

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Bruits détectés

Des bruits détectés sous l’eau mardi par des avions canadiens dans la zone de recherche ont suscité de l’espoir et orienté l’armada de sauveteurs dépêchés sur place. Mais « je ne peux pas vous dire ce que sont ces bruits », a indiqué mercredi le capitaine Frederick, après des recherches menées par des véhicules sous-marins télécommandés et un navire de surface équipé d’un sonar.

Surveillance aérienne à l’aide d’avions C-130 ou P3, navires dotés de robots sous-marins: les moyens déployés notamment par les armées américaine et canadienne continuent d’arriver sur le site où est stationné le Polar Prince, le navire duquel est parti le submersible Titan.

Un Américain, un Français, un Britannique et deux Pakistano-Britanniques ont plongé dimanche vers les abysses à bord du Titan, submersible conçu pour cinq personnes et long d’environ 6,5 mètres. Le contact avec l’engin a été perdu moins de deux heures après son départ. Mardi midi, les gardes-côtes américains avaient prévenu qu’il restait « environ 40 heures d’air respirable » à bord.

ats/ther

Exploration ou tourisme de l’extrême, quelle différence?

Dans le petit sous-marin perdu dans l’Atlantique se trouvent cinq hommes. Cinq touristes de l’extrême ou cinq explorateurs? Peut-on encore parler d’exploration alors que l’épave du Titanic était déjà localisée depuis longtemps et que cette expédition n’avait pas de visée scientifique?

Pour Bertrand Piccard, explorateur et premier homme à avoir fait le tour du monde en avion solaire, cette expédition est belle et bien une exploration: « Ce n’est pas de l’exploration dans le but de faire progresser le savoir de l’humanité, mais je dirais qu’il s’agit d’exploration personnelle ».

Selon l’explorateur suisse, ce type d’expédition permet surtout de sortir de sa zone de confort et pour les personnes les plus fortunées, l’offre de tourisme de l’extrême s’est beaucoup développée. « Tout ce qui permet de sortir de la routine et de se dépasser, d’aller un peu plus loin que son horizon habituel est quelque chose qu’il faut encourager » », précise-t-il.

Pour Bertrand Piccard, il est encore possible aujourd’hui d’explorer le monde, mais il faut le faire autrement. Lui-même travaille actuellement sur deux tours du monde: l’un avec un avion à hydrogène et l’autre avec un zeppelin solaire.

« Ce que l’on a fait dans le passé comme grands exploits dans le monde de l’aviation de l’exploration a souvent été fait en polluant. La grande aventure aujourd’hui n’est pas de conquérir de nouveaux territoires, mais de développer des moyens pour avoir des technologies propres et des énergies renouvelables. C’est cela qui doit nous faire sortir de notre routine » conclut l’explorateur.

L’Atalante et son robot Victor 6000 sur place

Le navire océanographique français Atalante avec son robot sous-marin Victor 6000 est arrivé jeudi, selon l’institut Ifremer, sur la zone de recherche du sous-marin Titan, porté disparu lors d’une tentative de visite de l’épave du Titanic.

L’Atalante, opéré par l’Institut français pour l’exploitation de la mer (Ifremer), « utilise actuellement son sondeur multifaisceaux pour avoir une cartographie plus fine du paysage et permettre une plongée de Victor 6000 plus efficace ».

« Ce sondeur ne permettra en revanche pas de localiser le sous-marin », toujours selon l’Ifremer.