Une famille israélo-suisse espère retrouver l'un des siens, enlevé par le Hamas — Genève Vision, un nouveau point de vue

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Depuis le 7 octobre dernier, la Zurichoise et ses trois enfants, tous citoyens suisses, sont plongés dans une interminable attente. Le jour de l’attaque, le couple et l’une de leurs filles se trouvaient dans leur habitation, au sein d’un kibboutz situé à seulement quatre kilomètres de la bande de Gaza.

Lorsque l’alerte a été donnée à l’aube, Boaz, membre de l’équipe de protection du village, est parti précipitamment de chez lui en sandales, muni d’un casque et d’un gilet pare-balles. Deux heures plus tard, son fils Ron est le dernier à avoir échangé avec lui, lors d’un appel téléphonique. « Il semblait avoir très peur », a-t-il précisé aux journalistes de Mise au Point.

« Depuis, on ne sait rien, on attend », a indiqué Daniela. Les membres de la famille se sont rassemblés chez des proches à Jérusalem, loin de la zone de combat.

Une odeur de cadavres

Pour se rendre au kibboutz où résidait la famille Abraham, les journalistes de la RTS ont emprunté une route où régnait encore une odeur de mort. Selon les soldats d’un checkpoint, de nombreux cadavres et voitures criblées de balles ont été retrouvés sur le chemin.

Les reporters n’ont finalement pas pu accéder au village, situé dans la zone désormais interdite aux abords de la bande de Gaza, en raison d’une alerte aux tirs de roquette. L’équipe de la RTS a tout de même questionné, hors caméra, un membre des forces armées israéliennes sur la condition du kibboutz au moment de l’arrivée de l’armée. « Je préfère ne pas répondre, je n’ai pas envie de pleurer », a-t-il répondu.

Une survie « par chance »

Daniela Abraham, de son côté, a confié que « par chance, ils ne sont pas venus dans notre quartier ». « Ils sont partis de l’entrée principale du kibboutz, et ils sont allés de maison en maison », a précisé la Suissesse, qui n’est sortie de sa cachette, dans son habitation, qu’à l’arrivée des soldats israéliens. Les membres du Hamas ont commis « un carnage », a déclaré de son côté Michal Abraham, la fille cadette.

En parlant de son époux, Daniela tente de se convaincre « qu’à la fin, ça va aller ». Elle s’inquiète de l’état de santé de Boaz, âgé de 62 ans. Ce n’est « pas un jeune homme en pleine forme » et « je pense en permanence qu’il n’a sûrement rien à manger », déplore-t-elle.

La localisation approximative des otages a quant à elle été définie grâce aux téléphones portables, et la perspective que Boaz ne soit « pas seul » mais en compagnie d’autres personnes enlevées rassure à minima sa femme. Il s’agit de la seule information dont dispose la famille, qui s’est rendue à la police, chez les militaires, aux services secrets. Daniela Abraham a également pris contact avec l’ambassade de Suisse pour « voir s’ils pouvaient faire quelque chose ». Sans succès, pour le moment.

Ecouter aussi l’interview de Sébastien Faure, correspondant de la RTS, près de la bande de Gaza

Reportage: Sébastien Faure
Texte web: Mérande Gutfreund