Une fuite de documents officiels confirme l'ampleur du programme de rééducation chinois au Xinjiang — Genève Vision, un nouveau point de vue

0

Subtilisées dans les serveurs de police de deux comtés de l’ouest du Xinjiang, les données contiennent des photos de détenus datant de 2018. Le plus jeune a 15 ans, la plus âgée 73. De longs tableaux de données listent les identités et les raisons de l’incarcération, avec des motifs aussi banals que de s’être laissé pousser une barbe, d’avoir installé une application étrangère sur son téléphone portable ou de s’être prêté à une activité religieuse.

Enfermés, les individus apprennent le chinois et sont abreuvés de propagande. En cas de problème, les gardiens sont autorisés à « tirer pour tuer ». Les mots d’ordre sont clairs: « briser les racines, l’héritage et les origines » des pensionnaires.

Voir aussi le sujet du 12h45

Confirmation de nombreux rapports internationaux

Ces informations confirment les études et les nombreux rapports internationaux basés sur des informations récoltées sur le web chinois. Différents chercheurs, dont Adrian Zenz, bête noire de Pékin et destinataire premier des « Xinjiang Police Files », passent au crible les données en libre-accès: statistiques officielles des différents comtés du Xinjiang, articles de la presse chinoise locale, images satellites ou encore témoignages de rescapés. Mais cette fuite de données est la première confirmation officielle directe et aussi détaillée de cette politique.

Ces documents sont publiés au moment où la Haute-commissaire aux droits de l’Homme est arrivée en Chine pour une visite officielle. Son déplacement, sur invitation de Pékin, est très critiqué.

Lire aussi: L’ONU entame en Chine une visite en terrain miné dans le Xinjang

Beaucoup craignent une instrumentalisation de sa visite par le gouvernement chinois. Ces révélations la mettent clairement sous pression.

Lors de sa rencontre avec la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme, le ministre chinois des Affaires étrangères a pour sa part invité Michelle Bachelet à « clarifier les fausses informations » émanant de forces hostiles anti-chinoises.

Michael Peuker/ebz